lundi 21 juin 2010

Il y a 70 ans, partait le premier convoi pour Auschwitz

L'entrée du camp d'Auschwitz II-Birkenau.

Le 14 juin 1940, un train s'acheminait lentement vers une ancienne caserne du sud de la Pologne occupée. A son bord, 728 prisonniers politiques polonais entassées par une chaleur étouffante dans des wagons aux fenêtres fermées. Venant de la prison de Tarnow, les prisonniers les plus âgés reconnaîtront une pancarte, sur le chemin, portant en lettres gothiques le nom allemand de la ville d'Oswiecim : Auschwitz.

Leur convoi fut le premier d'une longue série de trains pour Auschwitz où furent exterminées 1,1 million de personnes, dont un million de juifs. Soixante-dix ans après, lundi 14 juin, à l'initiative de l'Association des familles d'Auschwitz, un train a symboliquement parcouru ces quelque 140 kilomètres.

Avant le départ, un petit monument portant les 728 noms et un triangle rouge – couleur des prisonniers politiques –, marqué de la lettre P pour Polonais, a été dévoilé sur le quai de la gare de Tarnow. Un hommage doit être rendu à "toutes les victimes des camps allemands nazis", à l'arrivée dans le camp d'Auschwitz, initialement créé pour détruire la résistance polonaise et les élites du pays, étendu ensuite par l'Allemagne nazie en camp de la mort pour les juifs d'Europe et devenu symbole de l'Holocauste.

"AUCUN DE NOUS NE SAVAIT CE QU'ÉTAIT UN CAMP DE CONCENTRATION"

Kazimierz Zajac, 86 ans, a refait le voyage. "On nous a dit qu'on nous emmenait dans un camp de concentration mais aucun de nous ne savait encore ce qu'était un camp de concentration", a-t-il raconté dans le train. Sur son bras est resté tatoué le numéro 261, et il a précieusement gardé le triangle rouge cousu à l'époque sur son uniforme de prisonnier.

Les numéros d'immatriculation de ces Polonais allaient de 31 à 758, car 30 détenus de droit commun allemand étaient déjà enfermés à Auschwitz. Ils deviendront les "kapos" – surveillants – du camp. A leur arrivée, les prisonniers, dont un petit nombre étaient juifs, furent battus et placés en rangs. "'Les juifs ne vivront pas plus d'un mois, les prêtres trois mois et pour les autres, la seule sortie possible sera la cheminée du four crématoire', nous a dit le SS Friesch", a raconté M. Zajac, resté dans le camp jusqu'au 19 décembre 1944.

Photo de déportés derrière les barbelés prise en 1945, au moment de la libération du camp de concentration d'Auschwitz.

Comme en 1940, le convoi a marqué l'arrêt en gare de Cracovie. Là, les prisonniers, dont beaucoup avaient tenté de rejoindre l'armée polonaise en France via la Slovaquie et la Hongrie, avaient appris l'entrée ce même jour des troupes allemandes dans Paris. "C'est comme si le sol s'était dérobé sous nos pieds. Nous avions eu pour but la France, l'armée polonaise, et voilà que Paris était occupé et que la France se rendait", a raconté Kazimierz Albin, qui avait 17 ans à l'époque.

"TOUTE DÉSOBÉISSANCE SERA PUNIE DE LA PEINE DE MORT"

A leur arrivée au camp, a raconté M. Albin, on leur a dit qu'ils étaient "dans un camp allemand de concentration en tant qu'ennemis du peuple allemand. Toute désobéissance et tentative d'évasion est punie de la peine de mort". Dès le lendemain et pendant une période de quarantaine, ils seront frappés, torturés, soumis à des exercices physiques insoutenables, et seront ensuite employés à l'extension du camp.

Dès leur arrivée dans le camp, les prisonniers ont été battus et torturés.

Au moins 227 d'entre eux sont morts à Auschwitz et 300 ont survécu à la guerre. D'autres convois ont suivi et, jusqu'au printemps 1942, Auschwitz fut occupé en majorité par des prisonniers polonais non juifs. Kazimierz Albin, qui a réussi à s'évader en février 1943, sera témoin en 1942 de l'arrivée massive de juifs de toute l'Europe et de la création d'Auschwitz-II, ou Birkenau, lieu d'extermination des juifs : hommes, femmes, enfants, vieillards.

En septembre 1940 arrivera un prisonnier particulier, le résistant polonais Witold Pilecki, qui s'est fait interner volontairement afin de constituer un réseau de résistants à l'intérieur du camp, et a informé le monde de ce qui s'y passait pendant deux ans et demi.

DES CONVOIS DE "FAMILLES SUR TROIS GÉNÉRATIONS"

Des femmes et des enfants juifs à leur arrivée par train au camp d'extermination d'Auschwitz.

M. Albin se souvient encore de ces convois de "familles sur trois générations" et des détails de l'extermination dans les chambres à gaz entendus dans les conversations des kapos avinés. Un million de juifs ont trouvé la mort à Auschwitz-Birkenau, ainsi qu'entre 70 000 et 75 000 Polonais non juifs, 21 000 Tziganes, 15 000 prisonniers de guerre soviétiques et 10 000 à 15 000 autres prisonniers, dont des résistants, selon les données du musée du camp.

Le Monde.fr, avec AFP

Le Maroc voit en l'Afrique un nouvel eldorado économique

Salah Eddine Mezouar, ministre marocain de l'économie, est revenu du sommet France-Afrique organisé à Nice, le 31 mai, plus convaincu que jamais : l'horizon est africain. "La France doit changer son approche, soulignait le ministre vendredi 11 juin, devant des journalistes français. L'Afrique est de plus en plus convoitée, les enjeux sont sérieux, il faut se battre." Face à une Europe en crise, le Maroc, qui a toujours privilégié sa relation avec le nord, lorgne de plus en plus vers le sud et ses promesses de croissance.

"L'Europe est notre partenaire stratégique et le restera, mais nous voulons être des acteurs actifs face à une mutation qui est en train de se faire, affirme M. Mezouar. Rendez-vous compte, d'ici à 2040, l'Afrique comptera 600 millions de citadins nouveaux, et la plupart des pays connaîtront une croissance de 4 % à 6 % par an. Tout cela nous interpelle." Certes, les affaires sont modestes. L'Afrique ne représente que 1,7 % des échanges du Maroc, mais le pays s'est fixé pour objectif de doubler ce chiffre à moyen terme.

Nombre d'entreprises marocaines se développent sur le continent. Royal Air Maroc a ouvert de nouvelles destinations en Afrique, une région du monde qui représente désormais 41 % de son trafic. Des entreprises de BTP se sont installées au Sénégal, en Mauritanie, en Guinée. Et les banques multiplient les implantations. "Nous sommes en train de faire nos premiers pas", déclare Mohamed El Kettani, président d'Attijariwafa, premier groupe financier marocain qui a ouvert une dizaine de succursales en Afrique subsaharienne.

La concurrence est forte. "La Chine a compris avant tout le monde l'intérêt stratégique de l'Afrique", observe le ministre de l'économie. Dans l'impossibilité de s'opposer au dynamisme chinois, dépourvu de ressources énergétiques qui le rendrait incontournable, le Maroc s'est créé un emploi sur mesure, celui d'intermédiaire pour investisseurs étrangers. "Nous voulons jouer le rôle de hub régional", plaide Mohamed Horani, président de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM). D'où le soin du gouvernement apporté au développement des infrastructures routières, portuaires et ferroviaires.

Ces ambitions sont toutefois contrariées par ses relations avec le voisin algérien. Non seulement, le conflit qui oppose depuis des années les deux pays sur le Sahara occidental prive le Maroc d'un vaste marché, mais il nourrit aussi une compétition acharnée. "L'Algérie a besoin d'un ennemi, lâche durement M. Mezouar. Et plus le temps avance, plus elle se replie sur elle-même. Les derniers développements ne sont pas très rassurants." Depuis plus de trois ans, la banque Attijariwafa attend un agrément pour ouvrir une succursale algérienne. "Nous réactualisons la demande chaque année, précise son président. Mais on ne nous dit toujours ni oui ni non." Le conflit du Sahara coûterait chaque année 2 points de croissance au Maghreb.

Isabelle Mandraud

Tokyo devient la ville la plus chère du monde


Vue sur Tokyo et le mont Fuji.

Selon une étude annuelle publiée lundi 14 juin par le cabinet britannique ECA, Tokyo est la ville la plus chère du monde pour les salariés expatriés en 2010, principalement en raison de la volatilité des taux de change due à la crise économique. Trois autres métropoles japonaises (Nagoya, Yokohama et Kobé) font partie des dix premiers, tandis qu'aucune ville américaine ne figure dans les vingt-cinq de tête, New York n'arrivant qu'à la 48e place. "La chute du dollar a entraîné une légère baisse du coût de la vie dans la plupart des villes d'Amérique du Nord", explique ECA.

Grosse surprise de ce classement, Londres, qui a longtemps figuré parmi les capitales où le coût de la vie était l'un des plus élevés, ne fait plus partie cette fois-ci du top 50. "La faiblesse de la livre sterling (...) a provoqué une baisse des prix pour les visiteurs au Royaume-Uni", fait remarquer l'étude. En conséquence, "Londres se retrouve moins onéreuse que d'autres villes européennes telles que Munich, Amsterdam ou Bruxelles", est-il souligné.

PARIS À LA SEIZIÈME PLACE

L'enquête, réalisée avant la chute de l'euro et basée sur les prix de biens de consommation et services (logement, alimentation, transport, habillement, loisirs, etc.) dans 400 villes du monde, établit respectivement la capitale norvégienne Oslo, et Luanda en Angola, comme deuxième et troisième villes les plus chères. Cinq villes africaines figurent dans les vingt-cinq premiers : outre Luanda, on retrouve Libreville (13e) au Gabon, Abidjan (17e) en Côte d'Ivoire, Abuja (18e) au Nigeria et Kinshasa (23e) en République démocratique du Congo. Hormis Abidjan, ces métropoles africaines sont dans des régions productrices et exportatrices de pétrole.

Paris occupe pour sa part la seizième place de ce classement, utilisé par les professionnels des ressources humaines dans les entreprises pour calculer les primes de coût de la vie qu'elles accordent à leurs expatriés. Strasbourg (32e) et Lyon (42e) sont les deux autres villes françaises à figurer dans la liste.

Le classement des 20 villes les plus chères selon ECA : 1) Tokyo, 2) Oslo, 3) Luanda, 4) Nagoya, 5) Yokohama, 6) Stavanger (Norvège), 7) Kobé, 8) Copenhague, 9) Genève, 10) Zurich, 11) Berne, 12) Bâle, 13) Libreville, 14) Helsinki, 15) Moscou, 16) Paris, 17) Abidjan, 18) Abuja, 19) Tel-Aviv, 20) Séoul.

Le Monde

L'orgie des frères Kennedy avec Marilyn Monroe


Le FBI a révélé lundi sur la page «Hot Topics» de son site web 2.352 pages de documents confidentiels ayant trait aux activités personnelles et politiques du sénateur démocrate Ted Kennedy de 1961 à 1985.

Il n'a pas fallu longtemps à The Smoking Gun pour passer ces 2.352 pages au peigne fin et en sortir une feuille volante –aussitôt copiée et publiée – très compromettante pour le frère de l'ancien président John Fitzerald Kennedy: une certaine Jacqueline Hammond, ex-femme d'un ancien ambassadeur des Etats-Unis en Espagne y dit détenir:
des informations considérables concernant des partouzes ayant eu lieu à l'Hotel Carlyle (où Kennedy avait une chambre) à New York.

... Et celles-ci impliqueraient les frères Kennedy, Frank Sinatra, Marilyn Monroe et Sammy Davis Jr.

Apparemment, cette feuille volée datant de 1965 appartiendrait à un rapport plus important du FBI, mais d'après The Smoking Gun, «le thème de ce dossier est encore inconnu».
D'autres notes importantes du dossier sur Kennedy ont été repérées, notamment une correspondance entre un agent du FBI et le directeur du Bureau, J.Edgar Hoover, exprimant l'inquiétude de l'agent:
Merci de vous assurer que Ted Kennedy reçoit toute la protection dont il a besoin. Il ne nous reste plus qu'un Kennedy.

Des années après que ses frères ont été assassinés, Ted Kennedy aurait reçu des avertissements répétés lui disant qu'il subirait le même sort: c'est ce que révèle la majorité des documents du FBI, d'après le New York Times.

The Smoking Gun publie ainsi un document qui avertit d'un potentiel assassinat du sénateur à l'arbalète , et un plan d'assassinat révélé par un Arizonien avec «des pouvoirs psychiques».
The Smoking Gun publie également une note qui détaille «un plan machiavélique d'extorsion » impliquant des «Polaroids obscènes», ainsi qu'une «demande discrète» de la Maison Blanche de Nixon sur des informations concernant les voyages internationaux de Mary Jo Kopechne's, une spécialiste de campagne politique qui trouva la mort dans une voiture conduite par Ted Kennedy, l'accident étant connu comme l'accident de Chappaquiddick.

The Smoking Gun précise que les membres de la famille restants avaient l'opportunité de protester s'ils jugeaient que les révélations de certaines informations violaient leur intimité. Ce qu'ils n'ont pas fait.

Lire l'article du Smoking Gun ici , du New York Times ici

slate.fr

Hitler fascine une partie de la jeunesse indienne


Plus de 65 ans après sa mort, la figure et le destin d'Hitler fascinent encore... BBC News nous apprend que le dictateur allemand connaît un succès croissant auprès des jeunes Indiens. A tel point qu'il existe en Inde un vrai marché pour tout ce qui a trait de près ou de loin à Hitler. Les chiffres ne sont pas faramineux, mais ils sont en constante croissance.

Bollywood a décidé de s'emparer du filon. Le film Mon ami Hitler devrait sortir à la fin de l'année. Le pitch tient en une phrase: la relation qu'entretenait Hitler avec Eva Braun, sa maîtresse.

Mein Kampf, l'ouvrage rédigé par Hitler durant sa détention fait d'ailleurs partie des best-sellers en Inde. Le plus grand éditeur indien du livre qui expose l'idéologie politique du nazisme en a vendu plus de 100.000 exemplaires en dix ans. Selon l'éditeur, cela représente une augmentation de 10% à 15%. La librairie Crossword a vendu quelque 25.000 exemplaires depuis 2000. Pour le chef du marketing, c'est un best-seller.

Ce qui surprend, c'est que cette mode touche principalement les jeunes et les plus aisés. Mein Kampf fait en effet de meilleures ventes dans les quartiers les plus riches.

Face à ce succès, il existe même désormais des produits dérivés à l'effigie d'Hitler. Selon l'article, à Pune, une boutique pour adolescents vend jusqu'à 100 «T-shirts Hitler» par mois.

Mais comment expliquer cet engouement? Il semble que cela soit les supposés discipline et patriotisme du personnage qui les attire. BBC News publie à ce propos le témoignage d'un étudiant de 19 ans, admirateur d'Hitler:

Depuis que je comprends un peu l'histoire, j'admire Hitler. J'admire ses qualités de leadership et sa discipline. Il a hypnotisé toute la nation avec ses qualités de commandement et sa discipline.

Un autre admirateur reconnaît n'avoir pas lu Mein Kampf mais considère Hitler comme une «légende». «La Shoah n'était une bonne chose, mais tout a le monde a sa face positive et sa face noire », relativise-t-il.

Pour l'universitaire Govind Kulkarni, cette fascination tient à une forme de crédulité des jeunes:
La jeunesse a besoin d'un héros, d'un patriote et Hitler était un fervent patriote. Les jeunes le voient comme quelqu'un qui peut résoudre les problèmes. Et les gens ici sont confrontés à beaucoup de problèmes.


slate.fr

Le réseau social Bebo vendu à un fonds d'investissement


La page d'accueil du réseau social Bebo.

Le fonds d'investissement américain Criterion Capital Partners (CCP) a confirmé, jeudi 17 juin, l'acquisition du site communautaire Bebo, qu'avait acheté AOL en 2008 pour 850 millions de dollars (687 millions d'euros). Le nouvel acquéreur n'a toutefois pas indiqué les termes de la transaction. "CCP va prendre le contrôle des opérations mondiales de Bebo immédiatement et garder son siège à San Francisco", a indiqué le fonds dans un communiqué.

Le réseau social Bebo, lancé en 2005, est particulièrement populaire au Royaume-Uni, où il est en concurrence directe avec le réseau MySpace. Il est aussi présent aux Etats-Unis, en Irlande, en Australie, en Nouvelle-Zélande, au Canada, en Pologne, en Allemagne, en Italie, en Espagne, en Inde, au Pakistan .

Jugé prometteur il y a deux ans, Bebo n'a toutefois cessé de perdre du terrain face à des concurrents aussi populaires que Facebook et MySpace. "La base d'utilisateurs jeune et très active [de Bebo], ses recettes, sa présence dans des pays à travers le monde et une solide infrastructure technique en font une plateforme médiatique séduisante", a toutefois estimé Adam Levin, l'un des principaux responsables de CCP.

UNE MOINS-VALUE SIGNIFICATIVE ?

Plusieurs médias américains, à l'image du site spécialisé TechCrunch, s'étaient fait l'écho de la transaction dès mercredi, certains avançant qu'AOL avait accusé une énorme moins-value, n'obtenant que 10 millions de dollars (8 millions d'euros) pour un site dont il avait annoncé vouloir se débarrasser dès avril.

AOL, dont Time Warner s'est séparé en décembre afin de mettre fin aux frais d'un des rapprochements les plus désastreux entre deux entreprises, cherche à se recentrer sur "le contenu, la publicité et les communications". Il s'est lancé dans un vaste programme de réduction de coûts.

Le Monde.fr avec AFP

Les mafias menacent l'ordre mondial selon l'ONU


"Le marché mondial de l'héroïne afghane est estimé à environ 55 milliards de dollars, mais seulement 2,3 milliards de dollars, soit environ 5 %, reviennent aux agriculteurs, aux négociants et aux insurgés afghans", affirme l'ONU.

Le crime organisé est devenu une force à l'échelle mondiale, a déclaré à l'ONU, à New York, Antonio Maria Costa, directeur exécutif de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) basé à Vienne. "La criminalité est devenue mondiale, a atteint une dimension macro-économique et pose une sérieuse menace pour la paix et même pour la souveraineté des nations", a-t-il déclaré lors de la présentation à une réunion plénière de l'Assemblée générale de l'ONU un nouveau rapport de l'ONUDC intitulé "La mondialisation de la criminalité: évaluation de la menace posée par le crime organisé international". Il a regretté que dix ans après son adoption à Palerme, la Convention de l'ONU contre le crime organisé transnational, seul instrument international contre le crime, ne soit pas assez suivie d'effet et que tous les pays n'y adhèrent pas.

Ce rapport estime qu'environ 140 000 personnes sont victimes de trafic d'êtres humains alimentant l'industrie du sexe en Europe, qui représente un revenu annuel de 3 milliards de dollars pour ses exploitants. Le rapport indique aussi que les deux principaux flux de migrants clandestins vont d'Afrique en Europe et d'Amérique latine aux Etats-Unis. De 2,5 à 3 millions de migrants passent clandestinement d'Amérique latine aux Etats-Unis chaque année, rapportant 6,6 milliards de dollars aux passeurs.

L'Europe est le plus gros marché régional en valeur pour l'héroïne (20 milliards de dollars) et la Russie en est le premier pays consommateur au monde (70 tonnes). "Les stupéfiants tuent entre 30 000 et 40 000 jeunes Russes par an, soit le double du nombre de soldats de l'Armée rouge tués pendant l'invasion de l'Afghanistan dans les années 1980", indique le rapporteur. Pour lui, "l'attention et les critiques se concentrent sur les principaux pays producteurs de drogues illicites, tels que l'Afghanistan (opium) et la Colombie (coca), mais c'est dans les pays (riches) de destination qu'est réalisée la plus grande partie des profits du commerce de la drogue. Par exemple, le marché mondial de l'héroïne afghane est estimé à environ 55 milliards de dollars, mais seulement 2,3 milliards de dollars, soit environ 5 %, reviennent aux agriculteurs, aux négociants et aux insurgés afghans." Le rapport constate aussi que près de la moitié des médicaments testés en Afrique et en Asie du Sud-Est sont contrefaits et inadéquats, accroissant les risques de maladie au lieu de les réduire.

"L'action répressive contre les groupes mafieux ne permettra pas de mettre un terme aux activités illicites si les marchés sur lesquels ils s'appuient restent intacts, notamment les hordes de délinquants à col blanc — avocats, comptables, agents immobiliers et banquiers — qui les protègent et blanchissent leurs gains. L'expansion des marchés noirs est due autant à la cupidité des cols blancs qu'à celle des groupes criminels organisés."

Pour l'ONU, la menace n'est pas seulement économique. "Les profits tirés du crime et la menace d'utiliser la force, permettent aux criminels d'influencer des élections, des politiciens et même des militaires", ajoute-t-il. Selon lui, les pays les plus faibles sont les plus exposés au risque mais la menace est globale. "Les flux illégaux pointent presque tous vers le Nord" car "les plus grandes économies sont les plus gros marchés pour les biens illégaux".

Le Monde
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