lundi 21 juin 2010

L'orgie des frères Kennedy avec Marilyn Monroe


Le FBI a révélé lundi sur la page «Hot Topics» de son site web 2.352 pages de documents confidentiels ayant trait aux activités personnelles et politiques du sénateur démocrate Ted Kennedy de 1961 à 1985.

Il n'a pas fallu longtemps à The Smoking Gun pour passer ces 2.352 pages au peigne fin et en sortir une feuille volante –aussitôt copiée et publiée – très compromettante pour le frère de l'ancien président John Fitzerald Kennedy: une certaine Jacqueline Hammond, ex-femme d'un ancien ambassadeur des Etats-Unis en Espagne y dit détenir:
des informations considérables concernant des partouzes ayant eu lieu à l'Hotel Carlyle (où Kennedy avait une chambre) à New York.

... Et celles-ci impliqueraient les frères Kennedy, Frank Sinatra, Marilyn Monroe et Sammy Davis Jr.

Apparemment, cette feuille volée datant de 1965 appartiendrait à un rapport plus important du FBI, mais d'après The Smoking Gun, «le thème de ce dossier est encore inconnu».
D'autres notes importantes du dossier sur Kennedy ont été repérées, notamment une correspondance entre un agent du FBI et le directeur du Bureau, J.Edgar Hoover, exprimant l'inquiétude de l'agent:
Merci de vous assurer que Ted Kennedy reçoit toute la protection dont il a besoin. Il ne nous reste plus qu'un Kennedy.

Des années après que ses frères ont été assassinés, Ted Kennedy aurait reçu des avertissements répétés lui disant qu'il subirait le même sort: c'est ce que révèle la majorité des documents du FBI, d'après le New York Times.

The Smoking Gun publie ainsi un document qui avertit d'un potentiel assassinat du sénateur à l'arbalète , et un plan d'assassinat révélé par un Arizonien avec «des pouvoirs psychiques».
The Smoking Gun publie également une note qui détaille «un plan machiavélique d'extorsion » impliquant des «Polaroids obscènes», ainsi qu'une «demande discrète» de la Maison Blanche de Nixon sur des informations concernant les voyages internationaux de Mary Jo Kopechne's, une spécialiste de campagne politique qui trouva la mort dans une voiture conduite par Ted Kennedy, l'accident étant connu comme l'accident de Chappaquiddick.

The Smoking Gun précise que les membres de la famille restants avaient l'opportunité de protester s'ils jugeaient que les révélations de certaines informations violaient leur intimité. Ce qu'ils n'ont pas fait.

Lire l'article du Smoking Gun ici , du New York Times ici

slate.fr

Hitler fascine une partie de la jeunesse indienne


Plus de 65 ans après sa mort, la figure et le destin d'Hitler fascinent encore... BBC News nous apprend que le dictateur allemand connaît un succès croissant auprès des jeunes Indiens. A tel point qu'il existe en Inde un vrai marché pour tout ce qui a trait de près ou de loin à Hitler. Les chiffres ne sont pas faramineux, mais ils sont en constante croissance.

Bollywood a décidé de s'emparer du filon. Le film Mon ami Hitler devrait sortir à la fin de l'année. Le pitch tient en une phrase: la relation qu'entretenait Hitler avec Eva Braun, sa maîtresse.

Mein Kampf, l'ouvrage rédigé par Hitler durant sa détention fait d'ailleurs partie des best-sellers en Inde. Le plus grand éditeur indien du livre qui expose l'idéologie politique du nazisme en a vendu plus de 100.000 exemplaires en dix ans. Selon l'éditeur, cela représente une augmentation de 10% à 15%. La librairie Crossword a vendu quelque 25.000 exemplaires depuis 2000. Pour le chef du marketing, c'est un best-seller.

Ce qui surprend, c'est que cette mode touche principalement les jeunes et les plus aisés. Mein Kampf fait en effet de meilleures ventes dans les quartiers les plus riches.

Face à ce succès, il existe même désormais des produits dérivés à l'effigie d'Hitler. Selon l'article, à Pune, une boutique pour adolescents vend jusqu'à 100 «T-shirts Hitler» par mois.

Mais comment expliquer cet engouement? Il semble que cela soit les supposés discipline et patriotisme du personnage qui les attire. BBC News publie à ce propos le témoignage d'un étudiant de 19 ans, admirateur d'Hitler:

Depuis que je comprends un peu l'histoire, j'admire Hitler. J'admire ses qualités de leadership et sa discipline. Il a hypnotisé toute la nation avec ses qualités de commandement et sa discipline.

Un autre admirateur reconnaît n'avoir pas lu Mein Kampf mais considère Hitler comme une «légende». «La Shoah n'était une bonne chose, mais tout a le monde a sa face positive et sa face noire », relativise-t-il.

Pour l'universitaire Govind Kulkarni, cette fascination tient à une forme de crédulité des jeunes:
La jeunesse a besoin d'un héros, d'un patriote et Hitler était un fervent patriote. Les jeunes le voient comme quelqu'un qui peut résoudre les problèmes. Et les gens ici sont confrontés à beaucoup de problèmes.


slate.fr

Le réseau social Bebo vendu à un fonds d'investissement


La page d'accueil du réseau social Bebo.

Le fonds d'investissement américain Criterion Capital Partners (CCP) a confirmé, jeudi 17 juin, l'acquisition du site communautaire Bebo, qu'avait acheté AOL en 2008 pour 850 millions de dollars (687 millions d'euros). Le nouvel acquéreur n'a toutefois pas indiqué les termes de la transaction. "CCP va prendre le contrôle des opérations mondiales de Bebo immédiatement et garder son siège à San Francisco", a indiqué le fonds dans un communiqué.

Le réseau social Bebo, lancé en 2005, est particulièrement populaire au Royaume-Uni, où il est en concurrence directe avec le réseau MySpace. Il est aussi présent aux Etats-Unis, en Irlande, en Australie, en Nouvelle-Zélande, au Canada, en Pologne, en Allemagne, en Italie, en Espagne, en Inde, au Pakistan .

Jugé prometteur il y a deux ans, Bebo n'a toutefois cessé de perdre du terrain face à des concurrents aussi populaires que Facebook et MySpace. "La base d'utilisateurs jeune et très active [de Bebo], ses recettes, sa présence dans des pays à travers le monde et une solide infrastructure technique en font une plateforme médiatique séduisante", a toutefois estimé Adam Levin, l'un des principaux responsables de CCP.

UNE MOINS-VALUE SIGNIFICATIVE ?

Plusieurs médias américains, à l'image du site spécialisé TechCrunch, s'étaient fait l'écho de la transaction dès mercredi, certains avançant qu'AOL avait accusé une énorme moins-value, n'obtenant que 10 millions de dollars (8 millions d'euros) pour un site dont il avait annoncé vouloir se débarrasser dès avril.

AOL, dont Time Warner s'est séparé en décembre afin de mettre fin aux frais d'un des rapprochements les plus désastreux entre deux entreprises, cherche à se recentrer sur "le contenu, la publicité et les communications". Il s'est lancé dans un vaste programme de réduction de coûts.

Le Monde.fr avec AFP

Les mafias menacent l'ordre mondial selon l'ONU


"Le marché mondial de l'héroïne afghane est estimé à environ 55 milliards de dollars, mais seulement 2,3 milliards de dollars, soit environ 5 %, reviennent aux agriculteurs, aux négociants et aux insurgés afghans", affirme l'ONU.

Le crime organisé est devenu une force à l'échelle mondiale, a déclaré à l'ONU, à New York, Antonio Maria Costa, directeur exécutif de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) basé à Vienne. "La criminalité est devenue mondiale, a atteint une dimension macro-économique et pose une sérieuse menace pour la paix et même pour la souveraineté des nations", a-t-il déclaré lors de la présentation à une réunion plénière de l'Assemblée générale de l'ONU un nouveau rapport de l'ONUDC intitulé "La mondialisation de la criminalité: évaluation de la menace posée par le crime organisé international". Il a regretté que dix ans après son adoption à Palerme, la Convention de l'ONU contre le crime organisé transnational, seul instrument international contre le crime, ne soit pas assez suivie d'effet et que tous les pays n'y adhèrent pas.

Ce rapport estime qu'environ 140 000 personnes sont victimes de trafic d'êtres humains alimentant l'industrie du sexe en Europe, qui représente un revenu annuel de 3 milliards de dollars pour ses exploitants. Le rapport indique aussi que les deux principaux flux de migrants clandestins vont d'Afrique en Europe et d'Amérique latine aux Etats-Unis. De 2,5 à 3 millions de migrants passent clandestinement d'Amérique latine aux Etats-Unis chaque année, rapportant 6,6 milliards de dollars aux passeurs.

L'Europe est le plus gros marché régional en valeur pour l'héroïne (20 milliards de dollars) et la Russie en est le premier pays consommateur au monde (70 tonnes). "Les stupéfiants tuent entre 30 000 et 40 000 jeunes Russes par an, soit le double du nombre de soldats de l'Armée rouge tués pendant l'invasion de l'Afghanistan dans les années 1980", indique le rapporteur. Pour lui, "l'attention et les critiques se concentrent sur les principaux pays producteurs de drogues illicites, tels que l'Afghanistan (opium) et la Colombie (coca), mais c'est dans les pays (riches) de destination qu'est réalisée la plus grande partie des profits du commerce de la drogue. Par exemple, le marché mondial de l'héroïne afghane est estimé à environ 55 milliards de dollars, mais seulement 2,3 milliards de dollars, soit environ 5 %, reviennent aux agriculteurs, aux négociants et aux insurgés afghans." Le rapport constate aussi que près de la moitié des médicaments testés en Afrique et en Asie du Sud-Est sont contrefaits et inadéquats, accroissant les risques de maladie au lieu de les réduire.

"L'action répressive contre les groupes mafieux ne permettra pas de mettre un terme aux activités illicites si les marchés sur lesquels ils s'appuient restent intacts, notamment les hordes de délinquants à col blanc — avocats, comptables, agents immobiliers et banquiers — qui les protègent et blanchissent leurs gains. L'expansion des marchés noirs est due autant à la cupidité des cols blancs qu'à celle des groupes criminels organisés."

Pour l'ONU, la menace n'est pas seulement économique. "Les profits tirés du crime et la menace d'utiliser la force, permettent aux criminels d'influencer des élections, des politiciens et même des militaires", ajoute-t-il. Selon lui, les pays les plus faibles sont les plus exposés au risque mais la menace est globale. "Les flux illégaux pointent presque tous vers le Nord" car "les plus grandes économies sont les plus gros marchés pour les biens illégaux".

Le Monde

L'Afrique s'engage pour la "Grande Muraille verte"


La désertification est à l'origine d'une des pires crises alimentaires qu'ait connue l'Afrique depuis trente ans.

Onze pays africains, réunis pour un premier sommet sur le sujet, ont rappelé jeudi 17 juin à N'Djamena (Tchad) leur engagement à développer la Grande Muraille verte qui doit, à terme, enrayer l'avancée du désert. Cette large bande de verdure suivra un tracé de plus de 7 100 km entre Dakar et Djibouti à travers ces onze Etats (Burkina Faso, Djibouti, Erythrée, Ethiopie, Mali, Mauritanie, Niger, Nigeria, Sénégal, Soudan et Tchad).

"La GMV devrait voir le jour d'ici trois à cinq ans selon les pays", a affirmé Abakar Mahamat Zougoulou, coordinateur tchadien de l'événement, précisant que certains pays comme le Sénégal étaient plus avancés que d'autres. "Aucun budget n'a été défini" pendant le sommet de N'Djamena, qui doit déboucher sur la création de l'Agence panafricaine de la Grande Muraille verte, a-t-il ajouté. "La Grande Muraille verte est un projet conçu par les Africains pour les Africains et pour les générations futures. C'est une contribution de l'Afrique à la lutte contre le réchauffement climatique", a affirmé le président tchadien Idriss Déby Itno. "Cette initiative, si c'est un sacrifice, il faut le consentir pour les générations futures", a-t-il lancé, rappelant que "le continent africain, qui émet le moins de gaz à effet de serre, est l'un de plus vulnérables aux effets néfastes du changement climatique".

Il a ainsi demandé à la communauté internationale d'"accompagner les pays de la Grande Muraille verte dans cette œuvre d'importance capitale". "Le désert est un cancer qui progresse (...). C'est pour cela que nous avons décidé ensemble de mener cette bataille titanesque", a déclaré le président sénégalais Abdoulaye Wade, un des initiateurs du projet. "Avec la Grande Muraille, nous avons en perspective l'arrêt du désert mais au-delà la colonisation du désert", a-t-il assuré, ajoutant : "Nous n'avons plus le droit de regarder impuissamment la destruction de l'Afrique."

DISPARITION DES TERRES FERTILES

La bande sahélienne est actuellement touchée par une grave crise alimentaire, la pire depuis trente ans selon plusieurs observateurs, qui soulignent que petit à petit le désert grignote les terres fertiles. La communauté internationale suit le projet de près, et le Fonds pour l'environnement mondial (FEM) a promis jeudi une aide. "Nous affectons une allocation à chacun de vos pays. Le niveau de cette allocation varie en fonction du pays. Le montant varie de 6,6 millions de dollars (5,3 millions d'euros) à 23 millions de dollars (18,7 millions d'euros). Le montant cumulé d'aide du FEM pour la Grande muraille verte s'élève à environ 119 millions de dollars (environ 97 millions d'euros)", a affirmé Monique Barbut, présidente du FEM. "Au-delà du financement direct, le Fonds pourra servir de catalyseur pour encourager d'autres bailleurs à s'intéresser à la Grande Muraille verte", a-t-elle espéré.

En 2007, le projet a été "entériné par l'Union africaine, qui en a fait une réponse de l'Afrique au problème de la désertification", selon le ministre de l'environnement tchadien, Hassan Terap.

Les onze pays veulent impliquer leurs voisins septentrionaux, comme l'a souligné le président Déby, en appelant les "pays du bassin forestier [du Congo] à se joindre aux pays de la Grande Muraille verte, car la désertification du Sahel provoquera la disparition du bassin forestier du Congo". Ce bassin est considéré comme le deuxième poumon de la planète après l'Amazonie.

Le Bhoutan tente de vivre au rythme du "bonheur national brut"


Le Bhoutan : ses monastères bouddhistes perchés en haut des montagnes, ses visas touristiques à 200 dollars (161 euros) par jour, et son "bonheur national brut" (BNB). Le concept a fait la renommée du royaume depuis que Sa Majesté, le quatrième roi du Bhoutan Jigme Singye Wangchuck, en a fait la promotion à la tribune des Nations unies, en 1972. Le petit royaume bouddhiste, coincé entre l'Inde et la chaîne de l'Himalaya, venait de sortir de son isolement et cherchait à préserver son identité. La réponse fut le BNB, fondé sur quatre principes : la croissance et le développement économiques ; la conservation et la promotion de la culture ; la sauvegarde de l'environnement et l'utilisation durable des ressources ; et enfin la "bonne gouvernance responsable".

Une commission veille à l'application de ces principes dans tous les domaines d'activité. De la construction d'une ligne de chemin de fer à la rédaction des programmes scolaires. Contrairement au produit intérieur brut (PIB), le BNB prend en compte une vision à long terme de la croissance. L'exploitation, et donc la destruction d'une forêt, peut augmenter les chiffres du PIB, mais pas ceux du BNB. Il est ainsi inscrit dans la Constitution que les forêts doivent couvrir 60 % de la surface du pays "pour l'éternité".

Idéologie nationaliste

Mais peut-on réduire le bonheur à des statistiques ? "Le BNB est une philosophie qui ne se mesure pas forcément. Elle doit être présente dans l'esprit de chaque responsable d'organisation, et même des chefs de famille", explique Lam Dorji, directeur de la Société royale pour la protection de la nature.

Derrière le concept du BNB se cache aussi une idéologie nationaliste, passée sous silence en Occident. "Elle prône la suprématie des valeurs du bouddhisme pour unifier le pays, avec pour conséquence le nettoyage ethnique, à la fin des années 1980, de plus de 100 000 Lhotsampas (d'origine népalaise), en majorité hindous, qui vivaient dans le sud du pays", souligne une diplomate en poste à Katmandou, la capitale du Népal.

Le concept de BNB a bien du mal à s'accorder avec la réalité. Le Bhoutan, qui s'est engagé à ne pas devenir émetteur net de carbone, a tout misé sur la production d'énergie hydroélectrique. Or les Bhoutanais se demandent désormais si ce choix est viable. Depuis l'accélération des fontes des glaciers de l'Himalaya, les débits des fleuves sont irréguliers et mettent en péril la production d'électricité. Enfin, la dépendance du royaume vis-à-vis des aides extérieures ne fait qu'augmenter, alors que l'autosuffisance est l'un des objectifs de la philosophie du "bonheur national brut".

Près de quarante ans après son invention, c'est peut-être à l'étranger que le concept a le mieux réussi. Il a inspiré la création d'indices originaux comme celui du "produit intérieur doux" ou du "bonheur intérieur net", et d'autres plus éprouvés, comme l'"indicateur de développement humain" (IDH), créé par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).

Sur RTL : en partenariat avec "Le Monde", retrouvez l'Expédition RTL consacrée à la vie au Bhoutan dans toutes les sessions d'information de la station du lundi 21 juin. Tous les reportages sont rediffusés sur Rtl.fr.

Julien Bouissou

La rougeole gagne à nouveau du terrain en Afrique

Après vingt ans de nette régression, la rougeole connaît une recrudescence inquiétante sur le continent africain. L'efficacité de la prévention est mise en cause, et ce alors que les campagnes de vaccination ont fait reculer le nombre de décès dus à cette infection respiratoire de 2,5 millions en 1980 à 164 000 en 2008 dans le monde.

Pour Florence Fermon, "référente rougeole" à Médecins sans frontières (MSF), l'objectif d'éradication de cette maladie d'ici 2015, fixé par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), est devenu depuis deux ans "un slogan un peu mal placé". Selon des données partielles, plus de 64 000 cas et 1 188 décès ont été recensés entre fin 2009 et début 2010 dans une trentaine de pays africains. Le plus surprenant étant, pour MSF, que ces épidémies apparaissent non seulement dans des zones de conflit, comme en République démocratique du Congo, mais aussi dans des pays stables comme le Malawi, le Burkina Faso ou l'Afrique du Sud, où sont menés d'importants programmes de prévention depuis des années.

Rigidité

Les succès, fragiles, de vingt ans de vaccination contre la rougeole auraient donc engendré un effet secondaire non désiré : la maladie, qui ne représente plus une cause de mortalité majeure, ne figure plus parmi les priorités des ministères de la santé et des bailleurs de fonds.

Relativement bénigne dans les pays riches, et donc sous-estimée par eux, cette maladie infantile est très contagieuse. Elle peut entraîner de graves complications (pneumonie, cécité, encéphalite...) et provoquer la mort de 5 à 20 % des malades dans les zones de faible accès aux soins. Il n'existe pas de traitement contre ce virus, dont on peut cependant facilement se protéger par un vaccin peu coûteux.

Face à la recrudescence de la rougeole, le directeur des opérations de MSF, Thierry Durand, appelle à mieux coordonner les réponses des différents acteurs (OMS, Unicef, ministères) et entend surtout "alerter sur les défaillances du système". Le Programme élargi de vaccination lancé par l'OMS en 1974 pèche, selon lui, par sa standardisation excessive et sa rigidité. Ainsi, la vaccination de routine contre la rougeole ne s'effectue qu'à un âge compris entre neuf et onze mois. Par conséquent, "de nombreux enfants de plus d'un an ne sont pas vaccinés, et on ne peut leur administrer le vaccin alors qu'ils courent de grands risques", déplore Florence Fermon.

Par ailleurs, en cas d'épidémie, "les discussions techniques, sur le terrain, concernant la stratégie, la tranche d'âge et les zones" de vaccination retardent considérablement les opérations. Comme au Zimbabwe, où MSF a attendu huit mois que le ministère de la santé l'autorise à vacciner. Enfin, les soutiens financiers manquent de plus en plus pour répondre aux épidémies, d'autant que les bailleurs de fonds s'étonnent parfois de devoir payer une seconde fois, après avoir soutenu des campagnes de prévention qui se sont révélées insuffisantes. Conséquence directe : dans certains pays, la couverture vaccinale est en baisse.

Angela Bolis
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